Lire une planche
Les signes
Trois formes, trois remplissages et quelques marques ; chaque signe porte une seule information.
Formes
- Losangece qui survient à un instant
- Barrettece qui dure ; la longueur est du temps
- Deltaécart à l'attendu (strate Erreur)
Remplissages
- Blancprotège ou récupère
- Grisfragilise
- Hachuréni l'un ni l'autre
Traits
- Tireténon connu de l'équipage
- AbcItaliquestatut non établi
- Trois chevronscontinue au-delà de la planche
- Un chevronfin posée par règle
- Coupeà partir d'ici, quelque chose change
- Curseurl'instant T
Aucune couleur sur les objets, aucune échelle de gravité. La longueur d'une barrette n'exprime ni intensité ni gravité.
La grammaire de PHASE est volontairement pauvre. Chaque variable visuelle porte une seule information : la forme dit l’inscription dans le temps, le remplissage dit l’effet, le trait dit si l’équipage savait, le style du libellé dit ce que l’analyse peut affirmer.
Les formes : quand, et combien de temps
Le losange : ce qui survient
Le losange marque ce qui arrive à un instant et n’a pas de durée : une clairance, une alarme, une sélection, une annonce, une décision explicitée, l’apparition d’une panne. Un losange ne s’étire jamais.
Ce qui survient et ce que cela installe sont deux objets. L’apparition de la panne est un losange ; l’indisponibilité qui en résulte est une barrette.
À voix haute : « au moment où ».
La barrette : ce qui dure
La barrette marque ce qui se déroule ou demeure vrai sur une durée : une activité en cours, une condition qui tient, un processus retenu comme actif.
Sa longueur est la durée retenue par l’analyse, et rien d’autre. Elle ne dit ni intensité, ni gravité, ni niveau de compétence.
Une barrette est soit un travail (chercher une panne, piloter à la main), soit un état (une fatigue, un écart de vitesse, des orages sur la route). Le test : « est-ce que quelqu’un est en train de faire ça ? ». La réponse décide de la façon dont la barrette se termine.
À voix haute : « pendant que ».
Le delta : ce n’est pas ce qui était attendu
Le delta marque le constat qu’une action, ou une absence d’action, n’est pas conforme à l’attendu : erreur, écart, omission, retard. C’est la seule forme de la strate Erreur, et il n’apparaît nulle part ailleurs. Il est toujours ponctuel et n’a pas de remplissage.
L’activité concernée reste dans sa strate de compétence ; l’état qui en résulte va dans le couloir de l’avion. Le fait, le constat et l’état sont trois objets. Une absence n’est codée que si le matériau l’énonce, et le libellé dit l’inaction observable : « absence d’annonce ».
À voix haute : « ce n’est pas ce qui était attendu ».
Le remplissage : quel effet
Le remplissage dit la contribution de l’objet dans la séquence, et rien d’autre. Il s’applique au losange et à la barrette, jamais au delta.
| Remplissage | Sens | À voix haute |
|---|---|---|
| Blanc | Ça protège, ou ça récupère : l’objet prévient la dégradation, tient les marges ou rend la maîtrise. | « grâce à ça » |
| Gris | Ça fragilise : l’objet réduit les marges ou retarde la récupération. | « à cause de ça » |
| Hachuré | Ni pour, ni contre : une information sans effet sur l’issue, retenue parce qu’elle donne du sens. | « ni grâce à ça, ni à cause de ça, mais à savoir » |
Protéger et récupérer ont le même blanc. La différence se lit à la position par rapport à l’état de l’avion : un objet qui précède et prévient protège ; un objet pendant lequel un état indésirable prend fin récupère.
Il n’y a qu’une nuance de gris : plusieurs barrettes grises se lisent comme une accumulation, jamais comme une intensité.
Le hachuré sert aussi quand le matériau ne permet pas de qualifier l’effet. L’objet est alors dessiné neutre, et la fiche dit que l’effet n’est pas déterminable.
Le remplissage n’est pas une note. La même communication peut protéger à un moment et fragiliser à un autre.
Les marques : ce qui se pose en plus
Le trait tireté : ils ne le savaient pas encore
Le contour passe en tireté tant qu’une menace ou un état de l’avion est hors du champ de l’équipage : l’information ne lui est pas parvenue, ou aucune trace de détection n’existe. Le trait redevient plein à la première trace de connaissance (une annonce, une action corrective, un constat du rapport), et la barrette est coupée à cet instant.
Le tireté ne s’applique qu’aux menaces et à l’état de l’avion, jamais aux compétences ni au delta. Il dit seulement que l’équipage savait que le fait existait, pas qu’il en avait compris la portée.
Le libellé en italique : je le propose, je ne l’affirme pas
Le libellé dit ce qui s’est passé en langage opérationnel, sans jugement : « maintien du plan initial », et non « stratégie inadaptée ».
En romain, l’objet est établi. En italique, l’analyse ne l’a pas établi : il est fortement étayé, probable, une hypothèse à examiner, ou non déterminable. La règle vaut pour toutes les strates. Un objet écarté par l’analyse ne figure pas sur la planche.
Les chevrons : où l’objet s’arrête
| Marque | Sens | À voix haute |
|---|---|---|
| Trois chevrons | L’objet continue au-delà de ce que le matériau permet d’établir. Au début : il préexistait à la fenêtre. À la fin : aucune borne n’est posée. | « ça continue au-delà de la planche » |
| Un chevron, en fin seulement | Un travail qui s’est nécessairement terminé, mais qu’aucune trace ne date. La fin est posée par règle, avec une longueur conventionnelle, la même pour toutes. | « ça a fini, mais je ne sais pas quand » |
Fermer un objet encore ouvert reviendrait à affirmer qu’il a cessé : ce serait fabriquer une information. La longueur conventionnelle fait l’inverse : personne n’y décide rien, et elle ne se mesure pas.
La coupe et la flèche
Une barrette se coupe quand son effet ou son ampleur change, quand l’équipage prend connaissance de la menace, ou quand une activité s’allège. Chaque tronçon porte son propre remplissage. Si le matériau établit un sens, le tronçon suivant porte ↑ ou ↓ dans son libellé : la flèche dit une hausse ou une baisse, jamais un niveau.
Pas de couleur, pas d’échelle de gravité
La grammaire PHASE code une contribution et un statut, jamais une gravité. Il n’y a ni rouge, ni orange, ni vert sur la planche. Aucune épaisseur, aucune transparence, aucun flou ne vient dire une incertitude ou une intensité.
Toute l’information d’une planche survit à une impression en noir et blanc, ce qui la rend aussi lisible pour une personne daltonienne.
Pour voir ces signes en situation, ouvrez la démo Un déroutement en configuration dégradée ou le cas FDA/ASR. Pour la lecture d’ensemble, voir Lire une planche.