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Le Control Index
Une lecture expérimentale de la maîtrise temporelle ; jusqu’où l’équipage est devant l’avion, posée à la main par segment.
Le Control Index répond à une question que tout instructeur se pose : jusqu’où l’équipage est-il devant l’avion, et quand passe-t-il derrière ?
C’est la lecture propre de PHASE. Elle est expérimentale. Ses niveaux, ses marqueurs et sa règle d’attribution sont en cours d’élaboration à partir de cas, et n’ont fait l’objet d’aucune validation formelle. Elle est montrée comme telle.
Ce qu’il lit
Le mot « index » désigne un repère de lecture. Ce n’est ni une mesure calibrée, ni un score.
Le Control Index lit la profondeur de l’horizon temporel de l’équipage, rapportée à ce que la suite exige. Être devant l’avion, c’est agir maintenant en fonction de ce qui va arriver. Être derrière, c’est consacrer l’essentiel des ressources à ce qui s’est déjà imposé.
La position ne suffit pas : la profondeur compte. Trente secondes d’horizon suffisent à 200 ft en finale. Les mêmes trente secondes à 10 NM, avec une descente à construire, annoncent des écarts.
Deux bulles
L’horizon se compose de deux bulles :
- la bulle avion : état, trajectoire proche, énergie, configuration, modes ;
- la bulle environnement : navigation, ATC, météo, relief, trafic, plan et options.
Chacune reçoit sa lecture. Le niveau retenu pour un segment est celui de la bulle la plus courte, pas une moyenne. Les deux lectures restent dans la fiche, car l’asymétrie est instructive : elle dit sur quoi l’attention s’est fixée.
Quatre niveaux
| Niveau | Intitulé | En bref |
|---|---|---|
| I | Maîtrise anticipative | L’horizon dépasse largement ce que la suite exige. Options conservées, tâches en avance. |
| II | Maîtrise réactive | L’horizon couvre juste ce que la suite exige. Tout est fait, sans marge de temps. |
| III | Perte de maîtrise temporelle | Derrière l’avion, mais le rattrapage a un plan et l’équipage le tient. |
| IV | Contrôle désorganisé | Derrière l’avion, et l’activité se défait. La situation impose son rythme. |
Le niveau II n’est pas un niveau dégradé. C’est le niveau normal d’une phase chargée, comme l’approche : l’expert s’y ajuste pour garder la maîtrise à un coût acceptable. Chaque phase a ainsi un niveau attendu, I en croisière, II en approche. L’information utile est l’écart à ce niveau, et le moment de la transition.
Les niveaux ne forment pas une progression. Ils sautent, reviennent et se taisent. Un segment peut être non déterminable : c’est un résultat de plein droit, jamais une interpolation.
Placé à la main
Le Control Index est posé par l’analyste, segment par segment. Un segment est un intervalle qui contient au moins deux boucles de traitement. Un niveau n’est proposé que lorsqu’un fait avion établi et un fait équipage établi convergent, sans fait contraire.
Un placement n’est jamais « établi ». Il est au mieux probable, ou sous réserve, ou non déterminable. Il ne porte jamais une information qui n’est pas déjà dans le codage.
Ruptures de boucle et repères
Deux repères datent la perte de l’avance :
- le point de bascule, l’événement qui fait perdre l’avance et installe un état ;
- l’entrée au niveau III, au premier signal disponible non repris, lorsque le matériau l’énonce.
Une rupture de boucle est une fonction sans sortie observable entre deux instants codés : le signal était disponible, la réponse attendue n’est pas venue dans le délai utile. Ce terme remplace tout vocabulaire d’état interne. Il décrit ce qui se voit, pas ce qui se passait dans une tête.
Pour chaque segment, la fiche dit aussi ce qu’il advient des quatre tâches du métier, dans leur ordre de priorité : piloter, naviguer, communiquer, gérer. Chacune est tenue, abandonnée, exécutée avec un contenu faux, ou exécutée sans effet. Cela dit sur quoi l’activité tenait encore.
Sur la planche
Le Control Index occupe une seule bande, sous les strates, alignée sur le temps. Elle ne porte que trois marques :
- un chiffre romain par segment, constant sur l’intervalle ;
- un blanc quand le segment n’est pas déterminable ;
- un signe de coupure quand un signal disponible n’a pas été repris : une rupture de boucle.
Un trait tireté vertical marque le changement de niveau. La bande ne reçoit ni losange, ni barrette, ni remplissage. La justification de chaque segment est dans sa fiche : les faits, leur statut, ce qui manque, et la décision de l’analyste.
À voix haute : « où en est l’équipage par rapport à l’avion ? »
Ce qu’il n’est pas
- Ce n’est pas une mesure de charge de travail, de stress ou d’expertise.
- Ce n’est pas une mesure de conscience de la situation, déjà couverte par la compétence SAW.
- Ce n’est pas une échelle de gravité.
- Il qualifie une séquence, jamais une personne.
Son usage est formatif. Aucun usage sommatif n’est envisagé. L’accord entre instructeurs sur le placement des segments reste à établir : c’est l’une des validations ouvertes aux partenaires de recherche (voir Statut et limites).