Aller au contenu

Analyse, débriefing, formation

Traiter l’information prend du temps. Ce temps se voit.

Une information arrive à bord. Elle est reprise, ou elle ne l’est pas. La réponse vient, avec un délai. PHASE place tout cela sur une seule ligne de temps : ce qui pesait sur l’équipage, ce qu’il faisait, ce que devenait l’avion, et ce qui tenait encore.

Planche PHASE : Approche non stabilisée poursuivie, A320, vol XA 342
InterceptionInterceptionApproche finaleApproche finalePoséPoséPF : pression horaire ressentie, déclaréePF : fatigue de fin de rotation, déclaréeGestion de la charge de travail : réduction engagée tardSurveillance par le PM : non documentéePF : poursuite décidée, critère reporté à 500 ftGestion de l’énergie : vitesse non ramenée à la cibleVolets Conf 3 à 1 500 ftRéduction des gaz tardive, nez abaisséArrondi et toucher, assiette 2,2°Approche poursuivie hors critères à 1 000 ftHaut et rapide à l’interception du LOCVitesse au-dessus de la cibleTaux de descente 1 150 ft/min à 900 ftPosé ferme : +2,15 gVent 240/18 kt, rafales 28 ktPluie modérée, piste mouillée, nuitVectorisation raccourcie tardivementQuatrième étape de la rotation, arrivée de nuitT−3:30T−3:00T−2:30T−2:00T−1:00T−30 sT01 500 ft1 500 ft1 000 ft, hauteur de stabilisation1 000 ft, hauteur de stabilisation500 ft500 ftPoséPoséT−1:20

Une planche PHASE. Le temps court de gauche à droite. De bas en haut : les menaces, l’état de l’avion, puis l’équipage. Déplacez le curseur : il montre ce qui était actif à cet instant.

Ce que la planche fait voir

Trois gestes suffisent pour comprendre.

Un rapport raconte un événement par thèmes. Le lecteur reconstruit le temps dans sa tête, phrase après phrase. Sur la planche, le temps est déjà posé : il ne reste qu’à le parcourir.

  1. 01

    Arrêter le curseur

    À l’instant choisi, la planche rassemble ce qui était actif, strate par strate. « La check-list a été omise » devient « à cet instant, trois tâches étaient actives ».

  2. 02

    Voir un délai

    Un signal est disponible en bas de la planche. Rien ne s’allume au-dessus pendant vingt secondes. Le délai se lit sur l’axe, il n’a pas besoin d’être plaidé.

  3. 03

    Ouvrir une fiche

    Derrière chaque forme, une fiche dit d’où vient le fait et ce qu’il vaut : source, statut, niveau de preuve. La timeline montre ; la fiche établit.

De l’événement à la formation

Du matériau au cas, du cas à la séance.

  1. 1

    Le matériau

    Un rapport d’enquête public, un relevé FDA et un compte rendu ASR, une séance de simulateur ou un scénario construit. On commence par dire ce qu’il permet d’affirmer, et ce qu’il ne dit pas.

  2. 2

    Le cas

    Le récit est découpé en faits datés, placés dans l’une des dix strates. Chaque fait reçoit une fiche. Une chaîne d’analyse assistée par IA propose ; un analyste contrôle et décide.

  3. 3

    La planche

    Le cas devient une planche lisible sans légende. On la parcourt au curseur, on ouvre les fiches, on discute un objet, une fenêtre, une incertitude.

  4. 4

    La formation

    Les observables EBT en jeu, un scénario à rejouer au simulateur, les questions à poser en débriefing. Ce qui a marché est conservé, autant que ce qui a cédé.

La grammaire en trente secondes

Trois formes, trois remplissages, quelques marques.

Le losange dit ce qui survient, la barrette ce qui dure, le delta ce qui n’était pas attendu. Le blanc protège ou récupère, le gris fragilise, le hachuré informe. Pas de couleur, pas d’échelle de gravité : la planche se lit imprimée en noir et blanc.

Les signes, un par un

Formes

  • Losangece qui survient à un instant
  • Barrettece qui dure ; la longueur est du temps
  • Deltaécart à l'attendu (strate Erreur)

Remplissages

  • Blancprotège ou récupère
  • Grisfragilise
  • Hachuréni l'un ni l'autre

Traits

  • Tireténon connu de l'équipage
  • AbcItaliquestatut non établi
  • Trois chevronscontinue au-delà de la planche
  • Un chevronfin posée par règle
  • Coupeà partir d'ici, quelque chose change
  • Curseurl'instant T

Aucune couleur sur les objets, aucune échelle de gravité. La longueur d'une barrette n'exprime ni intensité ni gravité.

D’où vient PHASE

Une méthode née du terrain, formalisée pour durer.

PHASE vient de l’instruction et de l’analyse d’événements. Une première version, alors nommée OOPS, a été présentée à HCI-Aero 2016, Paris, 14-16 septembre (communication non publiée dans les actes ; HAL hal-02468273). Selon le texte de 2016, le modèle a été utilisé deux ans en formation et employé par des formateurs auprès de 240 pilotes instructeurs de l’armée de l’air. La méthode actuelle en garde l’essentiel : l’entrée par la perception, la sortie par l’action, et la question « jusqu’où l’équipage est-il devant l’avion ? ».

communication présentée à HCI-Aero 2016, Paris (hors actes)
2016
communication présentée à HCI-Aero 2016, Paris (hors actes)
d’usage de la première version en formation, selon le texte de 2016
2 ans
d’usage de la première version en formation, selon le texte de 2016
pilotes instructeurs de l’armée de l’air formés avec la première version
240
pilotes instructeurs de l’armée de l’air formés avec la première version
d’instruction environ pour le concepteur de la méthode
10 000 h
d’instruction environ pour le concepteur de la méthode

Ce qui n’est pas encore établi, nous le disons : l’effet d’une planche codée sur l’apprentissage et la stabilité du codage d’un analyste à l’autre restent à mesurer. Cette validation est en cours, et elle est ouverte à des partenaires de recherche.

Le fondateur

Un de vos événements, lu dans le temps.

Envoyez un message. Le fondateur vous répond personnellement, pour une analyse sur un cas de votre organisation, une séance de formation ou un échange de recherche.